Banaue et les rizières de Batad

Après un vol de 3h pour rejoindre la capitale des Philippines, Manila, nous arrivons en fin de journée et galérons à trouver un taxi pour rejoindre la gare de bus où nous devons nous rendre. On oublie le Grab (le Uber local), surdemandé lui aussi, et on patiente pour avoir un petit taxi jaune… Bizarre, on n’avait jamais eu autant de mal à trouver un grab/uber/taxi dans une si grande ville, et encore moins une capitale ! Si vous cherchez un business à monter, il faut définitivement ouvrir une agence de taxis à l’aéroport de Manila 🙂

Voilà, le temps de penser à tout ça, nous poirotons près d’une heure avant d’obtenir notre petit taxi, qui nous amène à la gare de bus où nous rejoignons le bus de nuit que nous prenons, départ 22h, direction Banaue, au centre de l’île de Luzon où se trouve la capitale Manila.

Le trajet se passe bien, bien mieux que bus local précédent que nous avions pris au Laos (avant de prendre le vol pour Bangkok), et qui fut horrible : impossible d’allonger nos sièges, une vieille odeur de poulet dans l’air, et surtout une route tellement cabossée qu’il était impossible de s’installer confortablement… C’est simple, nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit, ni l’un ni l’autre (et pour que Laurie ne dorme pas un peu, même un tout petit peu, il en faut !). D’ailleurs, nous parlons de nuit, mais celui-ci nous avait lâché à 4h30 du mat’ en pleine gare routière… pour un départ à 14h, la matinée nous parut assez longue !

Bref, revenons aux Philippines, ce trajet en bus c’est le luxe : on allonge nos sièges, c’est silencieux, la route n’est pas mauvaise et la clim est bien présente mais maîtrisée, ce qui est supportable. Nous arrivons à 6h du mat’ à Banaue, une petite ville au cœur des montagnes, et nous rejoignons tranquillement notre guesthouse. Ici, on vient pour admirer les rizières, et notamment celles du village de Batad, classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO et considérées comme les plus belles du monde ! Rien que ça ! Pour y accéder, plusieurs options sont possibles : une sortie à la journée, un trek sur 2 jours, 3 jours… Bref, tant qu’à venir, nous optons pour le trek de 2 jours mais seulement à partir du lendemain de notre arrivée, car après une nuit dans le bus nous voulons nous poser un peu et passer une bonne nuit avant d’entamer la marche. On rejoint donc notre guesthouse, on nous offre un grand café (dis donc, ça caille ici ! Et c’est brumeux!!!), et notre guide arrive ! Il s’appelle Remar. Chouette, il a une bonne tête, un grand sourire, il parle super bien anglais (comme tous les Philippins en fait !), et il est content de nous voir. Nous devons donc partir le lendemain, il doit venir nous voir le soir à la guesthouse pour planifier les détails. Rdv pris, nous passons notre journée dans des petits cafés à la recherche d’un wifi car nous n’avons pas planifié grand chose après Batad ! Il nous faut donc réserver un vol, quelques hôtels, et malheureusement à notre auberge, le wifi est en panne… Ce n’est pas si grave, la journée passe, on lit, on traîne, mais surtout : on s’inquiète ! Car c’est une journée SOUS LA PLUIE qui vient de se passer ! Il a plu beaucoup, ou parfois un peu moins, mais sans arrêt, tout est trempé, et nous n’avons pas de tenue de pluie pour partir en trek pendant deux jours, marcher dans la boue, dormir chez l’habitant sans eau chaude… Bref, on se demande bien comment va s’organiser cette rando !

Finalement, le soir arrive, notre guide avec, et il nous dit clairement que ce n’est pas une bonne idée de partir deux jours, que c’est comme on veut mais qu’il a peur de la pluie, que la météo n’est pas fiable, que tout peut changer très vite dans les montagnes et que s’il pleut comme aujourd’hui, on va être trempés. Bon nous la rando, c’est moyennement notre truc (un jour ça va, deux jours il faut qu’on se motive), mais clairement avec un risque de pluie, et de froid, ça nous donne carrément moins envie… Il nous propose une solution : il est possible de rejoindre Batad en tricycle (une sorte de side-car accroché à sa moto), là-bas il y a la possibilité de faire une rando dans les rizières, d’aller voir une cascade, on peut y passer la journée, et puis revenir à Banaue le soir et le surlendemain, aller voir des Hot Springs. Allez vendu ! Au moins dans notre guest-house il y a de l’eau chaude et on ne mouille pas nos sacs (et donc nos fringues) pour le lendemain !

Le matin, après un bon petit dèj, voilà notre guide qui arrive ! D’autres groupes partent en trek, leur guide les prévient qu’ils doivent acheter un poncho. Laurie, toujours très indécise, hésite une dernière fois, se demande si on ne va pas regretter… Tant pis ! On pense en priorité à l’eau chaude et cela confirme notre décision ! 🙂

Du coup, nous voilà partis dans son side-car (bien trop petit pour nous deux, et d’ailleurs pour Guillaume tout seul déjà !!!), et après 45mn/1h de trajet et quelques escales pour admirer la vue, la route s’arrête, il se gare, et nous voilà partis à pied pour rejoindre le village. A l’arrivée, c’est magnifique ! La vue s’offre à nous, sous un discret ciel bleu, les rizières sont là et le spectacle est superbe ! On se demandait si après celles du Laos, de Thaïlande ou encore d’Indonésie, on serait vraiment impressionnés mais… oui ! Celles-ci sont bien plus grandes, au cœur des montagnes, et le rendu est splendide ! Nous y crapahutons pour rejoindre l’endroit le plus haut. Notre guide est un rapide, on fait notre rando au pas de course, mais il prend quand même le temps de nous prendre plusieurs fois en photos et de nous raconter des tas de choses sur les rizières mais aussi sur l’histoire des Philippines, les habitudes des philippins, leurs traditions. C’est passionnant, et on se rend compte que même s’il est possible de venir seuls avec une jeep publique, avec lui l’endroit prend son sens ! Il nous parle de l’école, des mariages, de l’alimentation… et de l’histoire de ces habitants qui parlent anglais autant que philippin, sont catholiques, ont été sous le joug espagnol pendant des années (donc toutes les villes ont des noms hispaniques !) et qui doit faire face à près de 30 typhons par an !

Mais revenons à Batad : à cette époque, les rizières sont vides car elles ne sont plantées qu’une fois par an. C’est une agriculture contrôlée et bio, et là les terres sont en jachère, c’est pourquoi elles sont remplies d’eau. Le riz est quant à lui en nursery (à la crèche) : il grandit petit à petit, on peut l’apercevoir là où les terres sont très vertes, et lorsqu’il sera assez grands il sera planté. D’ailleurs, les agriculteurs commencent la plantation, à la main, les pieds dans la boue… c’est un vrai travail de titan ! En souvenir, nous avons ramené un sachet de riz local, que nous serons ravis de déguster une fois rentrés en France !

La matinée passe, nous descendons 800 marches pour atteindre une cascade… Rah, ensuite il faut les remonter ! Heureusement que l’endroit valait le coup 🙂

Après un bon repas avec vue sur les rizières, nous reprenons le chemin inverse. Finalement, après une heure de rando/tricycle, nous arrivons en ville et…il se met à pleuvoir ! On se dit qu’il est fort notre guide, et qu’on est contents d’être arrivés à destination sans se mouiller. Quand on pense au ciel bleu qu’il y avait quand nous sommes partis…

Il est assez tôt, et par deux fois notre guide nous avait demandé nos plans pour le soir, avant de nous expliquer que les Philippins adoraient le karaoké. Il réitère sa question, et nous propose cette fois de nous y amener…on sent que cela lui fait vraiment plaisir, il veut nous inviter, et puis finalement il est tôt et ça peut être très drôle ! Alors hop, on remonte dans le tricycle et nous voilà dans un bar sous-terrain, avec une petite dizaine de personnes, et effectivement : le philippin aime chanter ! Pour eux, « la musique c’est la vie », et ils en écoutent tout le temps, depuis petits. Nous prenons 3 bières, et Remar nous présente le catalogue, qui compte des centaines et des centaines de titres, et nous propose de chanter. Impossible pour nous ! Il est fou ! Les autres chantent, lui aussi, et chacun a une super belle voix ! On passe un excellent moment, chacun nous salue, nous souhaite la bienvenue, de bonnes vacances… et on savoure ce moment ! Même si par moments on se demande un peu ce qu’on fait là… après 3 bières chacun, c’est vite oublié ! Laurie prendre même un peu le micro sous l’insistance de Remar, et cela n’a pas été affreux du tout ! Les locaux s’en fichent, si on se trompe, on ne chante pas, on rate le départ… chacune profite du moment avec ses amis, et c’est très bon enfant ! Remar nous explique que le karaoké est vraiment une activité-phare ici, et que c’est possible qu’on en voit sur la plage, ou dans d’autres villes. Rien qu’à Banaue, il n’y a pas moins de 7 ou 8 bars qui en propose! Bref, c’était un super moment pour finir une belle journée, dont on se souviendra longtemps, et nous sommes ravis d’avoir partagé ce moment avec des locaux 🙂

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