La boucle de Thakhek – Jour 3 & 4

Après une nuit du « nouvel an du 27 décembre » un peu agitée (la fête s’est finalement terminée après 23 h… c’est pas de bol, nous qui voulions dormir tôt – ouais le scooter ça nous casse, et puis n’oublions pas qu’on s’était levés avant 6 h pour admirer le lever du soleil… :)), nous partons en direction de la grotte de Kong Lor. Pas très frais mais motivés !

Nous commençons par traverser une petite forêt dans laquelle nous aurons l’occasion d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de cette célèbre caverne.

A l’origine, les premières tribus qui habitaient le village de Kong Lor pensaient que la grotte était habitée par un démon. Toute expédition y était donc totalement évitée sous peine de se faire attaquer, voir tuer, par le mauvais esprit. Selon la légende, ce n’est que bien plus tard que les habitants des villages de Kong Lor et Natane, situés de part et d’autre de la grotte, ont commencé à suspecter qu’un passage était possible à travers la montagne. L’idée leur serait venue de deux manières : soit en remarquant que des canards semblaient passer d’un village à l’autre en nageant sur le cours d’eau coulant depuis l’entrée de la caverne, soit en retrouvant des morceaux de bois coupés qui semblaient eux aussi provenir de la tribu voisine. Bien entendu, les deux villages revendiquent la paternité de cette découverte. Ce n’est pourtant qu’en 1920 que la première « vraie » traversée aura lieu, quand un groupe de 5 étrangers a entrepris de se lancer en pirogue dans la sombre grotte qui effraie tant la population locale. Le tout uniquement éclairé à la torche de bambou ! Autant dire dans le noir le plus total… C’est ainsi qu’il mettra en avant l’existence d’un passage fluvial sous la montagne, large d’environ 30 m de diamètre, sinueux, et long de presque 7 km. Celui-ci aura pour conséquence, entre autres, d’éviter un pénible voyage de 6 ou 7 h par dessus la montagne aux habitants qui souhaitent passer d’un village à l’autre ! La bonne trouvaille !

Ce qui fait tout le charme de cet endroit, c’est qu’il a été majoritairement laissé dans son état d’origine : pas d’escaliers, pas ou très peu de lumière artificielle et pas de panneaux, guirlande ou autres « décoration » dans ce style. Rien que de l’eau, du caillou, du noir et du silence… Nous devons donc, nous aussi, visiter la grotte en bateau, munis de lampes frontales pour essayer de se faire un peu de lumière et admirer cet impressionnant tunnel taillé dans la roche. On aura l’occasion de mettre le pied à terre en tout début de parcours, pour aller voir de plus près les stalactites et stalagmites qui continuent encore aujourd’hui de se former grâce aux écoulements d’eau à travers la roche. C’est vraiment une sensation étrange de se retrouver sous terre dans un noir d’encre, un peu livré à soi-même, avec juste une lampe comme accessoire de survie et pendant plus de 30mn. Au départ c’est un peu impressionnant, mais très vite on se laisse porter par le courant et on profite à fond de cette expérience, vraiment originale. Elle est loin cette grotte, mais elle vaut vraiment le détour ! De l’autre côté, nous atteignons donc le village de Natane, où il est possible de manger, boire un café, faire des promenades à vélo… Nous, nous souhaitons reprendre la route dans l’autre sens, ne traîne donc pas trop, mais lieux sont paisibles et propices à la détente et à la contemplation !

Du coup, une fois le retour effectué par la même route, nous n’avons plus qu’à aller récupérer notre monture et reprendre la route en direction de Thalang, là où nous avons passé la nuit deux jours auparavant. D’abord, petite escale-repas bien mérité dans un « resort » à petit prix en bord de rivière, au pied des montagnes… on paye le repas un poil plus cher que d’habitude (du genre 4€ le plat au lieu de 1,50/2€) mais le lieu vaut le coup! Et maintenant, on connaît la route du retour, mais on va quand même se laisser le temps de faire quelques pauses pour profiter encore un peu de ce magnifique paysage karstique qui s’offre à nous. On croise à nouveau les enfants qui font coucou, les vaches ou les chèvres qui se promènent (parfois un peu au milieu de la route, ça ne les gêne pas le moins du monde) et les espèces de tracteurs qu’apparemment même les enfants de moins de 10 ans peuvent aussi conduire ;).

On mettra donc deux jours, comme pour l’aller, pour retourner à Thakhek où nous devrons prendre le bus de nuit, rejoindre l’aéroport de Vientiane et nous envoler en direction de Bangkok pour passer tranquillement la fin de l’année 2019.

Au final nous avons adoré le Laos. Ça a vraiment été une belle surprise pour nous car on ne savait pas vraiment à quoi nous attendre. En fait, en prévoyant nos étapes au mois d’août, nous n’avions même pas prévu d’y aller…mais nous n’avons pas été déçus de changer nos plans, de ce que nous avons pu y voir, y vivre, y découvrir, ainsi que de l’accueil que nous ont réservé la majorité des Laotiens. On précise « la majorité » car les habitants du Laos sont réputés pour leur flegme très particulier, qui donne parfois une impression de « je-m’en-foutisme » assez intense…mais dans le fond, c’est juste une preuve de leur coolitude/no-stress mode ! Bref, un beau pays qui mériterait vraiment d’être davantage connu ! On espère y retourner un jour, quand on sera grands 🙂

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