Après une bonne nuit de sommeil, nous voici d’attaque pour une visite de la ville de Luang Prabang. A première vue, il s’agit d’un endroit assez fréquenté par les touristes, on repère d’ailleurs pas mal de personnes que nous avions déjà croisées dans le bateau. On fait tous la même chose !
Notre première visite (pas la plus marrante, c’est vrai…) sera consacrée à l’UXO Museum. C’est un (tout) petit endroit entièrement consacré au thème des bombardements du Laos pendant les deux guerres d’Indochine (UXO = UneXploded Ordnance, soit « munitions non explosées »). L’exposition est réalisée par un organisme gouvernemental dont la vocation est de rechercher et de désamorcer les millions (oui les millions!!!) de bombes larguées sur le Laos durant cette période et qui n’ont pas encore explosé. Nous, nous ne le savions pas, mais pendant la guerre du Vietnam, le Laos constituait une route de ravitaillement entre le nord-Vietnam et leurs alliés du sud, que les USA ont absolument cherché à couper. Le moyen était le bombardement intensif du territoire sur des centaines de kilomètres, faisant ainsi du Laos « le pays le plus bombardé du monde » (et c’est encore le cas aujourd’hui)… Et il faut savoir que le taux de non explosion de ces bombes était d’environ 30% ! Ainsi, 1 sur 3 est donc restée enfouie dans la terre, pouvant exploser à n’importe quel moment, même 50 ans après, faisant d’innombrables victimes (ou plutôt si : le nombre est en moyenne d’une victime toutes les deux semaines depuis 1974) dans les champs et les rizières du Laos, et notamment parmi les enfants. Les photos, documentaires, témoignages et explications font froid dans le dos… Surtout que la recherche du métal qui constitue les bombes est courante dans les villages du Laos, car il permet aux personnes de gagner de l’argent (ils en font des barbecue par exemple). C’est une activité comme une autre pour eux (mais tellement dangereuse !). Aujourd’hui, cette association a donc pour but de déminer ces campagnes, d’informer les enfants et leurs parents du danger des bombes, et de l’importance d’avoir des gestes maîtrisés pour éviter tout risque. Depuis 3 ans, il n’y a plus de victimes, mais il reste encore des millions de bombes à désamorcer !
Nous partons ensuite vers le Centre d’arts traditionnels et d’ethnologies. Là, on découvre un lieu cherchant à mettre en valeur la culture et les coutumes traditionnelles des différents peuples et tribus vivant au Laos, encore aujourd’hui. Plus qu’un simple musée avec des explications, c’est avant tout un endroit qui cherche à préserver les anciennes pratiques de ces peuples pour que les générations suivantes puissent continuer à les perpétuer. On y découvre donc des habits, des instruments de musiques, ou encore des outils, comme pour la médecine traditionnelle à base de plantes (par exemple pour les accouchements en dehors de l’hôpital, très fréquent au Laos). C’est intéressant mais un peu difficile à contextualiser car on ne connaît vraiment assez bien l’histoire du pays…et clairement, on trouve que c’est un petit musée payant et trop cher pour ce qui est présenté !
Dernier musée de la journée : le Palais Royal. Comme son nom l’indique, il s’agit de l’ancienne résidence de la famille royale du Laos, aujourd’hui transformée en musée national. L’édifice date du protectorat français et a été conçu pour que les visiteurs officiels venus par le Mékong puissent débarquer directement à son pied afin d’y être reçus. On peut se promener librement à l’intérieur du palais et admirer différents objets ayant appartenu aux anciens monarques, tels que leurs couronnes, leurs trônes ou leurs épées. On nous avait dit que ce n’était pas une super visite mais nous, on a trouvé l’endroit très beau, original, et finalement on a été agréablement surpris !
On s’est ensuite promenés le long du Mékong jusqu’à trouver un petit coin très sympa pour admirer le coucher de soleil sur la rivière. C’était vraiment très beau !
Et pour finir la journée, on s’est donné rdv avec nos nouveaux amis internationaux au marché de nuit pour y manger un morceau : James from America et Ronja from Sweden. Deux amis de Ronja se sont joints à nous, un allemand et un suisse germanophone (Simon, que nous reverrons le lendemain) pour partager ce moment très convivial autour d’une table en plein milieu du marché. Ce fut une expérience très enrichissante à tous points de vue !
















