Pour changer du sport avec nos petits muscles des jambes, on va faire du sport avec nos petits muscles des bras : aujourd’hui, journée kayak ! Notre programme consiste à nous rendre à différents endroits des 4 000 îles, en nous déplaçant au maximum sur le fleuve du Mékong. Il est prévu que nous allions admirer des cascades (dont les plus grandes chutes d’Asie du sud-est svp !), qu’on fasse une petite collation sur la plage, et même que l’on rencontre quelques dauphins… !
Alors c’est parti ! Départ à 08h00, quasiment devant notre guesthouse, où nous attend notre prestataire qui doit nous faire prendre un bateau pour nous rendre sur l’île juste en face de la nôtre. Après quelques minutes de bateau, nous nous faisons déposer sans réelle explication (c’est un peu le problème des fois au Laos : les gens sont sympas (globalement) mais pas très causants…), dans un restaurant où nous sommes censés prendre le petit déjeuner avant le départ en kayak. On suppose que c’est là mais rien n’a l’air bien prévu, et comme nous sommes les seuls, on se demande si la sortie va bien avoir lieu… Finalement, quelques minutes plus tard, plusieurs groupes arrivent au compte goutte et l’un des employés commence à distribuer des sacs étanches, donc nous voilà rassurés !
Une fois le petit déj englouti, nous partons en direction de nos embarcations. On choisit nos pagaies, on enfile nos gilets de sauvetage (sécurité avant tout!), on monte dans notre joli kayak jaune et c’est parti kiki ! Au bout de 20min de navigation c’est un peu le coup dur : on est les derniers du groupe, on subit vraiment l’effort et plus le temps passe, plus on se fait distancer alors qu’on rame comme des malades … bon, on l’avait déjà écrit, on est nuls en kayak. Mais quand même, derniers ! On s’est même fait doubler par des vieux (désolée Papa et Maman!), mais le gars devait avoir plus de 60 ans ! Bon finalement on arrive à bon port, mais on se dit qu’il va falloir changer de technique pour les étapes suivantes … Bref, on est contents de laisser un peu notre canoë pour partir en marchant vers la première cascade de la journée. Nous aurions dû l’atteindre en canoë mais c’est en ce moment l’hiver, il ne pleut pas, le niveau d’eau est très bas et rend impossible de s’approcher davantage des cascades. Et bien que nous ayons réservé une journée kayak, nous on n’est pas mécontents de marcher au lieu de pagayer 🙂 Nous voilà tout le groupe en train de marcher en cadence à la file indienne dans les champs, c’est très sympa. Quelques minutes plus tard, nous voici en face de la cascade. Un endroit vraiment très beau, même s’il n’est pas évident de trouver un coin tranquille pour profiter de la vue (on est sur le spot avec deux autres groupes, eux aussi en sortie kayak). On s’autorisera même à faire un petit plouf dans l’eau, en faisant bien attention de ne pas se faire embarquer par le courant qui tire plutôt pas mal.
Ensuite, deuxième étape en kayak ! Hors de question de finir encore derniers, on y met un point d’honneur ! On se glisse donc au milieu du groupe, pour profiter de l’énergie des meilleurs rameurs, et bizarrement ça marche, on finit dans le ventre mou du classement sans trop suer … C’est donc contents de nous que nous arrivons à la plage sur laquelle aura lieu notre repas. Mais d’abord, il est l’heure d’aller observer les dauphins ! Oui, les dauphins du Mékong ! C’est une espèce en voie de disparition, et c’est avec un petit bateau à moteur que nous allons les approcher. Tout se fait en douceur, notre chauffeur coupe le moteur à chaque fois que c’est possible et nous arrivons à observer de loin et très rapidement ce dauphin particulier, car c’est comme s’il n’avait pas de nez. Il a la tête arrondie, un petit aileron, et n’est pas très gros. Le guide nous explique qu’il y en 3 à cet endroit du Mékong, on est donc contents d’avoir pu les observer même brièvement. Par contre, aucune photo, ces dauphins-là sont timides et impossible à photographier !
Bref, place au repas : brochettes, pain, œuf, et surtout… PUREE ! Nous n’en avions pas mangé depuis 4 mois, c’était une vraie purée faite-maison, et surtout : ce n’était pas du riz ! Quel bonheur !
Et nous dégustons ce festin en observant de l’autre côté du Mékong… le Cambodge ! Certains élaborent des plans pour traverser illégalement… tandis que nous, on déguste notre purée en les écoutant 🙂 L’après-midi, nous repartons en kayak jusqu’à une grosse île (le trajet se passe facilement, on a peut-être trouvé la technique ?!). Sur cette île, on charge les kayaks sur un tuk-tuk géant, dans lequel on monte nous aussi ! Et nous partons admirer les plus grandes cascades du sud-est asiatique. L’endroit est effectivement impressionnant ! On promène, on admire, on s’approche mais pas trop. Même s’il n’y a pas trop d’eau, le courant est fort !
Allez maintenant on repart, on remonte sur nos kayaks pour atteindre l’île de départ, Don Det. Et là, désillusion pour nous… notre technique ne marche plus du tout (elle tombe à l’eau pourrait-on dire si on était d’humeur à faire des jeux de mots). Nous sommes de nouveau derniers, fatigués, agacés par le guide qui trace sa route devant (il aurait mérité qu’on se renverse tiens, à nous laisser tout seuls comme ça!). Bref, on est contents que cette journée soit finie 🙂 il ne nous reste plus qu’à rejoindre notre île… Ah ben tiens, c’est bizarre, il n’y a plus personne. Comment on repart nous ? Le trajet retour n’était-il pas inclus ? On retrouve notre guide, en train de ranger les kayaks, qui semble bien embêté… et nous propose de nous ramener avec son scooter perso afin de traverser le pont entre les deux îles. Ok, c’est parti : sans casque, Guillaume derrière une jeune homme très (très!) menu, et Laurie derrière le guide. Tandis qu’il lui donne TOUTES les informations possibles sur ce pont (c’est le tout premier pont construit sur le Mékong, de tous les pays traversés par la rivière ! Il a été construit il y a 109 ans par les français. On l’appelle le French Bridge, et… Ah ben mince, plus d’essence ! On cale comme ça, tout en douceur, tandis que Guillaume et son acolyte s’éloignent tranquillement devant. On appelle, on tape des mains, on siffle, on commence à perdre espoir… et Guillaume se retourne (il est fort quand même !). Bref, on n’est plus si loin, on propose de finir le trajet à pied le temps que notre guide se fasse rapporter de l’essence, et c’est comme ça qu’on admire un dernier coucher de soleil sur les 4000 îles, en marchant au milieu des champs et des vaches, et… tiens, un dealeur de drogue ! Nous on continue notre chemin, et on va profiter d’une dernière soirée dans notre chambre à 6 euros, et on a dû bien se fatiguer en ramant car à 21h30, nous sommes tous les deux endormis ! Et le lendemain, un grand voyage nous attend.



















