Aujourd’hui, on change de ville. On va se rendre l’autre bout de l’île de Bohol, à priori beaucoup plus tranquille, et beaucoup moins fréquentée. Il n’y a qu’une centaine de kilomètres mais le GPS nous a prévu environ 3h de route, en comptant nos petites escales. Comme on va voyager en scooter (toujours le super scooter rose), on laissera nos gros sacs à l’hôtel pour ne garder que le stricte nécessaire pour 2 jours.
Notre premier arrêt est consacré au Tarsiers and Wildlife Sanctuary. C’est une réserve naturelle qui abrite une centaine d’individus de l’espèce menacée que sont les Tarsiers. Il s’agit des plus petits primates du monde, à peine gros comme le poing et ne pesant que quelques grammes. Leurs caractéristiques sont particulièrement étonnantes : d’abord, ils ont des yeux plus gros que le cerveau (!), ce qui leur donne un air un peu bizarre mais franchement sympathique ! Ensuite, ces yeux restent immobiles dans leurs orbites, ils doivent donc bouger la tête (mais ils peuvent la retourner jusqu’à 180° !) pour observer ce qui les entoure. En revanche, c’est tout le contraire pour les oreilles, qui bougent toutes seules en fonction des bruits environnants. Enfin, ce sont leurs pieds en forme allongée qui sont à l’origine de leur nom (l’os « tarse » = « tarsier ») et leur permettent de se déplacer dans les arbres en effectuant des bonds jusqu’à 5 mètres de distance. Petits mais balaises ! Et dernière spécificité, ce sont des animaux extrêmement sensibles aux bruits, qui peuvent aller jusqu’à se suicider s’ils se sentent menacés par quelque chose ! La visite du sanctuaire doit donc avoir lieu dans le calme absolu afin de ne pas effrayer les petites bêtes. C’est probablement cette caractéristique qui fait que l’espèce est de moins en moins nombreuse car ils meurent facilement mais ne peuvent enfanter qu’une seule fois par an, et d’un seul bébé à la fois. La femelle le porte pendant 6 mois, s’en occupe pendant 6 mois de plus, et ensuite le lâche dans la nature. C’est un animal territorial et solitaire, le petit doit donc désormais se trouver son propre territoire ! Aujourd’hui, ils sont en voie de disparition car ils sont chassés par les chats, ou que leur habitat est détruit… En résumé, on a adoré cette visite plutôt originale, très instructive et dans un calme apaisant. C’est toujours un plaisir de rencontrer des nouveaux animaux, surtout quand ils sont aussi sympas que ceux-là !
Notre deuxième destination est un peu plus classique puisqu’il s’agit de se rendre à la cascade de Camugao. C’est la pause rafraîchissante en fait ! Ce lieu est donc une chute d’eau de plusieurs mètres qui coule dans un petit lac naturel. Ce n’est pas un site exceptionnel mais il reste un très bel endroit avec, cerise sur le gâteau, très peu de monde pour le visiter. On est contents de pouvoir en disposer librement pendant quelques temps. On en profitera même pour faire la pause repas et… un petit plouf pour Guillaume ! Pas trop longtemps, l’eau n’est pas chaude-chaude… Seul point négatif, il y a quelques tables et bancs en bois autour du lac et il faut payer pour s’y installer. C’est les Philippines, on paye pour tout, tout le temps…on est habitués maintenant. Mais là on refuse, quitte à manger sur un rondin de bois à la place !
Enfin, troisième et dernier arrêt : les Chocolate Hills. C’est une curiosité géologique propre à la région de Bohol. Il s’agit d’une zone de 50 km² où se trouvent pas moins de 1268 collines en forme de sphères et de cônes de 30 à 50m de haut. Cette formation, qui daterait d’environ 2millions d’années, serait due à une accumulation de coquillages et de coraux sous la mer que les mouvements des plaques tectoniques auraient faites remonter à la surface pour être ensuite façonnés par les eaux pluviales. Au moment où nous nous y trouvons, elles sont toutes recouvertes d’herbe verte, mais durant la saison sèche elles prennent la couleur marron foncée de la terre qui se trouve en-dessous. C’est cette couleur qui a donné le nom de « Chocolate Hills », car elles peuvent rappeler un chocolat américain qui porte ce nom, en forme de goutte. C’est assez marrant à observer, et suffisamment rare pour qu’on ait envie d’y faire un détour, au moins par curiosité, même si on n’est pas particulièrement spécialiste de géologie. Ce qui est dommage c’est qu’il y a un seul endroit pour les observer, très aménagé, et nous voilà aux côtés des bus, des chinois, des vendeurs de trucs et de boissons… Mais ce n’est pas tellement dérangeants, on monte, on observe, on apprécie la vue en hauteur que nous offre cette butte et franchement, l’endroit est très sympa !
Finalement, après une longue route très agréable au milieu de la campagne philippine, en compagnie des « hello » des habitants (les adultes ont l’air plus ravis de nous voir que les enfants!), quelques pauses pour admirer les rizières et la verdure des endroits traversés, nous voilà arrivés à notre hôtel, pile-poil pour le coucher du soleil. L’hôtel est tellement classe qu’on ne sait pas où s’installer pour en profiter, entre notre terrasse perso, la piscine à débordement ou encore la plage privée du resort 😉














