Retour en France

Ca y est, aujourd’hui c’est le jour du grand départ ! Enfin… ce n’est pas le vrai départ, mais c’est maintenant qu’on commence à revenir sur nos pas pour finir ce tour du monde de 5 mois. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la première partie du retour fut riche en rebondissements. Pour une meilleur compréhension, voici le trajet que nous aurions dû faire en théorie :

Depuis notre hôtel de Siquijor, départ en tricycle pour rejoindre le ferry que nous avions réservé en direction de Tagbilaran, sur l’île de Bohol. De là, nous devions manger rapidement avant de prendre un nouveau ferry vers Cébu (il y a des départs toutes les heures donc on ne l’a pas réservé celui-là pour se laisser de la marge en cas de retard). Arrivés à Cébu, nous comptons sur un Grab (l’équivalent d’Uber en Asie) pour nous amener jusqu’à notre hôtel, réservé depuis plusieurs jours, pour passer la nuit. Une courte nuit puisque notre avion décolle à 08h00 du matin le lendemain (donc départ vers 6h de l’hôtel) mais on a prévu le coup, l’hôtel est proche de l’aéroport, un autre Grab devrait donc nous y emmener rapidement. Vol de Cébu jusqu’à Manille puis re-Grab jusqu’au dernier hôtel du séjour : un hôtel un peu classe où passer la journée, la nuit, et la journée suivante puisque l’avion qui nous ramènera en France décolle à 22h. Il y a pas mal de changements mais c’est jouable (on a fait bien plus compliqué!).

Et maintenant voici ce que nous avons réellement fait :

Le départ de Siquijor s’est déroulé comme prévu, sans retard ni incident. Là ou ça se complique un peu, c’est arrivés à Tagbilaran… Comme nous n’avions pas réservé de billet pour le ferry vers Cébu, nous nous rendons tout de suite au guichet, histoire de prendre notre temps pour aller manger. Première mauvaise surprise, TOUS les ferries de la journée vers Cébu sont complets !!!! Il n’est que 13h et tous les ferries (départ toutes les heures jusqu’à 22h) sont pleins. Le premier dispo est celui de 5h50 le lendemain matin. Ca signifie en premier lieu qu’on perd notre nuit d’hôtel à Cébu (et donc qu’on doit en trouver une autre à Tagbilaran). Mais aussi et surtout, ça veut dire qu’on perd le vol de 8h du matin car ferry à 5h50 + presque 2h de trajet + encore 1h30 de taxi jusqu’à l’aéroport = on arrive trop tard à l’aéroport (et donc il faut en trouver un autre, en admettant que ce soit possible). Branle-bas de combat, on file au premier resto venu pour essayer de trouver une connexion internet. Première mission, annuler gratuitement (si possible) la nuit à Cébu. On y arrive facilement sans frais via l’appli Booking. Deuxième mission, moins évidente celle-là, essayer de décaler notre réservation sur le vol de 8h vers un vol ultérieur. Evidemment on se bat avec le site internet de la compagnie aérienne (Air Asia), on ne peut discuter qu’avec un assistant virtuel qui ne sert absolument à rien et on se décide à aller jusqu’à la boutique physique de la ville, à 1,5 km de là où on est. Mais avant, on va réserver une chambre à l’hôtel que nous avions occupé lors de notre séjour à Tagbilaran. Cette fois, on a de la chance, il leur reste une seule chambre. On la prend et on file à la boutique Air Asia, à pied sous un soleil de plomb. C’est transpirants à grosses gouttes que nous arrivons en face d’une vendeuse, qui nous confirme la seule info que nous avions trouvée sur internet : impossible de modifier un vol dans les 48h avant le décollage. « – Ca veut dire qu’on perd le billet et qu’il faut en acheter un autre ? – Yes M’am. ». Au moment où on allait finalement se résigner et payer un nouveau billet plein pot pour le lendemain, elle nous donne tout de même une info fort utile : à savoir qu’il existe un autre ferry à 1h30 de route de Tagbilaran et qu’un départ est assuré à 19h. Il n’est que 16h donc il est théoriquement possible de l’avoir. On vérifie donc cette info sur internet et effectivement, il y a un départ à 19h et, selon le site, des places sont dispos ! Allez, on va tenter notre chance ! Vite vite, on retourne à l’hôtel pour récupérer nos affaires et annuler la nuit que nous venions juste de réserver. On se dit qu’on va trouver un tricycle qui va nous amener jusqu’au ferry (à Tubigon exactement, à 50 km de Tagbilaran) donc avant de faire quoi que ce soit, on veut s’assurer d’avoir un chauffeur. On pense que ça ne posera pas de problème vu que dans cette ville, on ne peut pas faire 3 pas sans se faire aborder par ces chauffeurs. Et on a bien fait de vérifier car, devinez quoi ? Hé bien les tricycles de Tagbilaran n’ont pas le droit de circuler jusqu’à Tubigon ! Il nous propose de nous amener à la station de bus, pour prendre un bus… mais non, trop incertain, pas d’infos sur les horaires, c’est pas un bon plan. La dernière option est de trouver une voiture privée pour faire le trajet. Pour ça, on va demander à l’hôtel d’appeler pour nous. Oui oui, le même chez qui on vient de réserver et d’annuler une nuit en une heure. Mais ils sont sympas, ils le font pour nous ! Le prix est exorbitant mais on n’a pas le choix… « Ah oui mais attend… On a assez de liquide pour payer le chauffeur et le ferry ? ». Bien sûr que non ! Et pas de banque dans le coin… On va donc tenter de réserver le ferry sur le net via une agence (sérieuse) de transport. Aussitôt dit, aussitôt fait, on reçoit le reçu de paiement et il n’y a plus qu’à attendre la confirmation de réservation et le billet électronique. En attendant le chauffeur, on prend aussi le soin de tenter une re-réservation de l’hôtel annulé de Cebu. Bien sûr le prix a augmenté entre temps et on doit se rabattre sur un autre hôtel, heureusement dans le secteur que l’on cherchait, près de l’aéroport. Après 20min d’attente, notre voiture arrive, et avec tout ça on va arriver a peu près 30min avant le départ du ferry si tout va bien. Ouf ! Qu’est ce qui pourrait clocher maintenant que tout est réservé ? Ben, que la confirmation de réservation du ferry n’arrive pas par exemple… On a guetté nos mails pendant tout le trajet, tenté les formulaires de contact du site mais, rien à faire : pas de confirmation. Et on n’a toujours pas de cash au cas où il faudrait payer un autre billet en catastrophe (en plus de celui réservé qui, lui, a déjà été payé en ligne). On va donc perdre encore un peu de temps pour s’arrêter retirer un peu de liquide, alors qu’on commence à être sérieusement justes sur l’horaire. Et comble de malchance, il y a un péage d’entrée au port (que ne veut pas payer notre chauffeur) 500m avant les quais. On sort donc en trombe de la voiture pour rejoindre les quais à pied, avec nos gros sacs, le plus vite possible car on sent qu’on va avoir besoin d’un peu de temps pour expliquer en anglais notre situation au guichet (car on doit échanger notre résa contre un billet papier avant de payer les taxes du port, faire contrôler nos sacs et enfin monter dans le ferry!). Donc arrivés sur place, on cherche le guichet de la compagnie pour faire le check-in. Sauf que… les guichets sont de l’autre côté du péage ! C’est complètement con mais c’est comme ça. On se refait les 500m dans l’autre sens (toujours au pas de course!) et on cherche le guichet. On cherche le guichet, mais on ne trouve pas. On demande à quelqu’un (on s’est cru dans Pékin Express pendant quelques minutes!). On trouve. Il reste 15 min avant le départ… Le jeune au guichet n’est évidemment pas capable de nous imprimer un ticket sans la confirmation, et après plusieurs minutes d’explications il nous envoi vers un autre guichet, le « main office ». Un peu de queue car il y a du monde, et on redonne notre explication avec notre reçu de paiement. L’opération n’a pas plus de succès qu’au guichet précédent et on nous renvoie vers un troisième guichet, juste à côté. Franchement ça commence vraiment à nous gonfler là… On donne à nouveau notre explication et notre reçu, toujours sans succès et même de pire en pire puisque ce dernier personnage nous dit que tous les ferries sont complets ! Ici aussi ! Le comble ! A bout de patience, on commence sérieusement à s’énerver car l’heure du départ est passée, on a encore 500 m à faire jusqu’au quais et il faut encore aller payer une taxe d’entrée au terminal. Il a fallu insister sur le fait qu’on avait déjà payé pour qu’on puisse continuer à être écoutés. Visiblement, on n’aura pas de ticket numéroté mais après un coup de fil, le gars nous dit « allez-y avec votre reçu, ils vont vous laisser passer ». On a déjà fait l’aller-retour une fois et on y croit pas une seconde ; jamais ils ne vont nous laisser passer sans billet papier et sans numéro de place, et on sera bon pour revenir encore et se battre à nouveau pour le dernier ferry qui part à… 22h. On re-bataille encore un coup pour avoir quelque chose d’officiel (c’est vrai quoi, on a payé nom d’une pipe !) mais rien à faire, la meilleure option qu’on a est de tenter le passage avec juste le reçu de paiement. On se précipite à nouveau sur ces 500m interminables avant le quai. Maintenant, les guichets pour la taxe d’entrée sont vides alors on jette notre argent par la fente du guichet et on court vers le ferry (on ne sait même pas si c’est le bon !) qui semble prêt à partir d’une seconde à l’autre. Evidemment, on se fait intercepter par la sécurité. L’agent ne veut pas nous laisser passer car on n’est pas passé au contrôle des bagages. On est obligés de faire demi-tour vers le terminal pour passer aux détecteurs. On balance nos sacs dans la machine en expliquant notre situation à l’agent de contrôle. Celle-ci (heureusement) ne nous fait pas d’histoire et nous indique le chemin de l’embarquement à coups de « Vite ! Vite ! ». On fait aussi vite qu’on peut (à peu près « Mach 3 » sans doute) et on saute dans le seul ferry qui reste en croisant les doigts pour que celui qui vient de partir ne soit pas celui vers Cebu… Vu qu’on n’a pas de billets papier, il faut expliquer encore une fois notre histoire pendant une longue minute et, finalement, on nous laisse monter à bord en nous souhaitant bon voyage. Yahouuuuu ! Un petit pas pour l’humanité mais un grand pas pour nous vers le chemin du retour ! On se retrouve au fond du ferry, sans vrai billet, assis sur des caisses d’eau… mais on s’en fiche, on part en direction de Cébu, on va pouvoir prendre notre vol du lendemain !!!!! Le trajet est très long mais on est tellement contents d’être là qu’on s’en fiche… Finalement, c’est à 23h qu’on posera nos sacs dans notre petite chambre, on se commande à manger rapidement (la salade du midi était bien loin!), et… en vérifiant nos mails, on découvre que notre billet pour le ferry avait été annulé par la compagnie par manque de place au dernier moment, et qu’ils nous remboursent le montant. C’est donc un peu honteux qu’on se rend compte qu’on a fraudé le ferry… mais en même temps, c’était ça ou perdre notre vol et devoir en payer un nouveau ! Bref, on espère que la fin de la fin va se passer sans encombre désormais, et on s’endort rapidement après toutes ces aventures…

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