« Le lundi au soleil, c’est une chose qu’on n’aura jamais… ». Cela n’a jamais été plus vrai que ce jour-là ! On est réveillé dans notre super hôtel par un bruit… l’arrosage ? La pluie ? Non ! Ah ben si… il pleut, le ciel est totalement gris, et cela ne semble pas passager ! Super, nous qui avons près de 150 km de scooter à faire pour revenir à Tagbilaran ! On prend notre petit-dèj sans se presser, on fait une croix sur la matinée « piscine » que nous avions prévu, et espère une accalmie pour pouvoir repartir sur notre deux-roues. Celle-ci ne venant pas, on met tous nos habits dessus et on démarre, vers 10h30. 2h de route nous attendent (ici, on roule à peu près à 40 km/h pour éviter les vaches, chiens, scooters, tricycles et piétons qui traversent quand bon leur semble !). Direction un petit resto proche d’une forêt où nous voulons aller ensuite. Finalement, c’est sous une pluie constante et plus ou moins forte que nous faisons la grande partie du trajet. Face à deux déluges, nous sommes contraints de trouver un abri au bord de la route. C’est enroulé dans notre serviette de plage qu’on tente de repartir, mais l’eau dégouline au travers des lunettes de soleil et pique les yeux (eh oui, on a un casque proche du casque à vélo, comme tout le monde ici, alors pas de visière pour protéger notre petit visage !). Les locaux nous regardent comme des énergumènes car eux ils ont des grands parkas pour se protéger de la pluie, nous on a nos imperméables, dans nos gros sacs, à Tagbilaran, au sec… Dommage ce temps, la route est jolie et contrairement à l’allée, nous longeons cette fois la côte et de jolies plages, mais bizarrement on n’a pas trop envie de faire bronzette là ! Bref, nous mettrons finalement 3h à arriver, mouillés mais contents d’être là ! On mange un bon plat de pâtes pour reprendre des forces (on a faim après tout ça !) en admirant la rivière Loboc, et comme la pluie s’est arrêtée, on file vers Bilar Man-Made Forest, à une dizaine de kilomètres de là !
Il s’agit d’une forêt recréée par l’homme, traversée par une jolie route. En fait, pendant la seconde guerre mondiale, beaucoup de Philippins ont dû se réfugier dans la forêt pour se cacher et survivre (il faut qu’on creuse le pourquoi du comment), et ils ont utilisé ces espaces pour développer leur agriculture. Ils ont donc brûlé beaucoup d’arbres, et ont partiellement abîmé la forêt de l’île. Pour palier à cela, il y a quelques années, le gouvernement a replanté une forêt, créée par l’homme donc (« Man-made forest »), avec de grands arbres !
On n’y restera pas bien longtemps car nous avons encore un peu de route à faire avant de rentrer à Tagbilaran, où nous attend notre dernière activité de la journée (et pas des moindres vous verrez !). On devait passer voir une maison traditionnelle philippine mais le temps nous manque (satanée pluie de la matinée!), mais c’est sur une route sèche et dans nos habits secs aussi que nous repartons. Encore une heure de route et nous voilà à Tagbilaran. On rend le scooter, on récupère nos gros sacs qu’on dépose rapidement dans notre chambre et hop, le téléphone sonne : le chauffeur est là !
Et c’est parti : 30 mn de route, on se badigeonne de spray anti-moustique, on est partagé en 2 groupes de 8 personnes, 2 par 2 sur des kayaks à la nuit tombée… et on rame sur la rivière Loboc, tranquillement, en observant les étoiles (les nuages se sont dissipés !), dans le noir absolu et le silence presque complet. Au bout de 2 km, on n’est même pas les derniers (loin de là en plus, on a dû progresser en kayak…ou les autres sont encore plus mauvais que nous ?!), on commence à voir de petits points de lumière autour de notre guide et de sa lampe rouge : on fait un arrêt, et notre guide nous parle des LUCIOLES ! Oui, nous sommes en expédition lucioles, ou « fireflies » en anglais. Avec sa voix douce, il nous explique qu’elles s’allument lorsqu’il fait noir absolu, entre 18h30 et 4h du mat’ et qu’elles vivent environ 2 semaines sous cette forme, après avoir été œufs et larves. La lumière a 3 missions : éloigner les prédateurs (et ça marche, la luciole n’a aucun prédateur!), communiquer (comme du morse, car les lucioles ne font pas de bruit), et se séduire. Il faut bien, car elles ont seulement 15 jours pour se reproduire avant de disparaître ! Nous reprenons un peu notre avancée, et nous arrivons aux « arbres à lucioles ». Comment vous décrire le moment… nous sommes dans la nuit noire, sur l’eau, sous les étoiles, et nous découvrons un arbre scintillant de mille feux, comme si c’était Noël, avec des milliers de lucioles qui virevoltent ! C’est absolu sublime, incroyable, magique et apaisant… Dans son kayak, chacun se tait et apprécie l’instant. Quelques bateaux à moteur proposent eux-aussi l’excursion, mais nous n’en verrons que 3 ou 4 en 2h de balade, et ils coupent lumières et moteur à l’approche des arbres, ce qui est donc parfaitement supportable. Ah oui, car il y a plusieurs arbres à lucioles. Ce sont des arbres de mangrove que les lucioles utilisent pour se protéger la journée (où elle dorment), en se cachant sous la feuille, et qui leur permet de se nourrir. Nous verrons donc 4 arbres, avec des rassemblements plus ou moins importants, et à l’avant-dernier, le guide demande à Laurie de regarder sa pagaie (à lui), elle pense qu’il veut lui apprendre à mieux pagayer (bon c’est pas le meilleur moment mais pourquoi pas!), mais en la secouant au fond de l’eau, nous voyons apparaître… du plancton phosphorescent !!! Alors là, c’est la cerise sur le gâteau, c’est absolument magique et indescriptible ! Nous en devenons très poétique et passant un long moment à admirer cette nature si somptueuse entre étoiles, lucioles et plancton ! 🙂
On rentre au centre de kayak après 2h sur l’eau et 4km parcourus à un rythme très calme. C’est la tête dans les étoiles et les yeux encore brillants que nous partageons un repas aux côtés d’un couple d’Australiens. Ils vivent à Sydney, on parle de leur vie là-bas, des feux et des incendies, du volcan, ils nous demandent si notre région est belle (on se retient de répondre que c’est la plus belle de France !)… et on papote, mais il est temps de repartir dans le van, retour à l’hôtel. Douche, et on file au lit, pour rêver de cette magnifique fin de journée !














