Green hill elephant project

Journée un peu spéciale aujourd’hui : on va voir des éléphants !!! Vous sentez l’excitation ? Et oui, nous avons passé les quelques jours précédents à se le répéter de cette façon 🙂 Bref, petits éléments explicatifs : à Chiang Mai, là où nous logeons, se trouve un parc naturel consacré aux éléphants. Il s’agit du Nature Elephant Park. Ce n’est ni un élevage, ni un commerce, ni un zoo, mais un centre qui recueille des éléphants auparavant exploités pour le divertissement (genre le cirque ou les balades de touristes à dos d’éléphants) ou pour le travail (destruction d’arbres, transport de matériel dans la forêt, ou construction par exemple, car « ils n’ont pas nos machines »). Donc le but de l’association et de ce centre fondés en 1996 par Lek Chailert est double : il s’agit tout d’abord d’extraire les éléphants des conditions pénibles dans lesquelles ils se trouvent puis, dans la mesure du possible, de les ré-adapter à la vie sauvage à laquelle ils devraient normalement aspirer.

Il faut savoir qu’en Thaïlande, la capture de ces animaux est désormais interdite. Ceux que nous pouvons voir dans les différents parcs sont donc nés en captivité ou ont été capturés il y a plusieurs années avant d’être récupérés par ces centres de réinsertion. Il faut savoir aussi que même s’ils se servent des éléphants à des fins « touristiques », pour des visiteurs comme nous, le but véritable est surtout d’arrêter de leur faire faire des travaux pénibles, et de les protéger et accompagner en leur offrant un cadre naturel où ils peuvent vivre leur vie « librement ». Car il est important de préciser qu’en dehors de certains cas rares, un éléphant ayant vécu en captivité (et donc domestiqué depuis son plus jeune âge) ne peut pas retourner à l’état sauvage, car il est devenu trop dépendant de l’homme, que ce soit pour se nourrir ou pour se soigner. Il est également devenu porteur sain de certains germes qui pourraient être fatals aux individus restés dans la nature. La solution proposée par les parcs de ce type est donc de rencontrer les propriétaires d’éléphants pour les sensibiliser au bien-être de leurs animaux et, si possible, de les récupérer pour leur offrir le meilleur cadre de vie possible. Le touriste/visiteur apporte lui son argent en visitant ces parcs, pour entretenir les locaux, nourrir les animaux, contribuer à la mise en place d’autres centres d’accueil… Alors pour tout vous dire, on a beaucoup (beaucoup!) hésité avant de réserver notre journée. En effet, nous avons beaucoup lu sur le sujet et un argument qui ressort souvent est que ce genre de centre encourage l’esclavagisme des éléphants, en prétendant les récupérer lorsqu’ils sont âgés. Ainsi, chacun les utilise : quand ils sont en forme, ils sont exploités, et lorsqu’ils sont trop âgés, ils sont pris en charge par ces centres. On va dans ces centres, donc on cautionne leur exploitation précédente. Bref, cercle vicieux… Nous, nous en avons longuement discuté tous les deux, et nous avons préféré croire les arguments de l’association, qui ont été confirmées par les dires de notre guide le jour J : il faut que les mentalités changent, et pour ce faire, il faut que les thaïlandais (et surtout les touristes chinois, qui adorennnnnnnnt grimper sur les éléphants) changent leur vision de cet animal, et comprennent sa souffrance. Il faut alors proposer d’autres endroits pour les observer, des réserves notamment ! Mais…que faire en attendant des animaux déjà exploités ? Les remettre en liberté, sachant ce que ça induit ? Les laisser mourir dans ces conditions et s’occuper des suivants ? Le programme Saddle Off, auquel nous avons participé, est une démarche à moyen terme : ces éléphants ne peuvent pas être remis dans la nature comme ça, du jour au lendemain, et l’association propose donc à d’anciens éleveurs d’éléphants de les accompagner pour changer les choses. Ils les aident à changer leur considération de l’animal, et à les accompagner en leur assurant un certain revenu grâce au nom de leur association (et les touristes viennent, comme nous). Alors oui, ça ne pourra pas durer pendant des décennies, ce n’est pas une solution à long terme, et l’association le sait, mais ces animaux maltraités existent, ils ont besoin d’argent pour continuer à être nourris et entretenus, avec l’espoir de pouvoir les remettre en liberté un jour ou l’autre. Et de proposer à ces éleveurs de nouveaux rôles, de nouveaux emplois…

Enfin, voilà, c’était la petite parenthèse Brigitte Bardot 😉

Concrètement, qu’avons nous fait dans ce « sanctuaire pour éléphants » ? Nous avons eu l’occasion de rencontrer 3 éléphants : la mamie (45 ans), la fille (27 ans) et le petit éléphanteau (3 ans). Le programme pour nous, sous la directive d’un guide volontaire, a été d’abord de couper quelques cannes à sucre pour les donner à manger directement aux femelles adultes . Le premier contact est vraiment très impressionnant car, désolés d’énoncer une évidence, mais un éléphant c’est vachement imposant ! On se sent vraiment tout petit à côté … Mais on se rend aussi vraiment compte de la puissance et de l’agilité de ces animaux. Ils font un peu patauds au premier regard mais leurs gestes et leurs déplacements sont assez précis. Heureusement d’ailleurs, parce qu’on n’aurait pas aimés se faire marcher sur le pied… Ensuite, on prend conscience de la précision de leur trompe : ils n’ont aucune difficulté à saisir la nourriture qu’on leur tend et n’hésitent pas à venir la chercher directement dans nos petits paniers s’ils estiment que la cadence est trop lente ! On n’a pas vraiment eu l’occasion d’estimer leur force mais on imagine sans peine la puissance dont ils disposent quand ils s’enroulent autour de notre main pour prendre ce qu’on leur tend. C’est bien fait la nature ! L’éléphanteau (répondant au nom de « Sunday »), lui, n’a droit qu’a des bananes. Par contre, si les adultes s’installent d’elles-mêmes derrière des barrières (non-fermées par l’arrière, mais elles sont disciplinées comme ça), Sunday lui n’y est pas cantonné : il se balade librement à la recherche d’âmes généreuses voulant bien lui filer ses bananes.

On les nourrit, on les touche, on leur parle, c’est super sympa ! On profite de l’instant, nous 2 et nos 9 accolytes…américains (et hop, comment bosser notre compréhension orale de l’anglais en une journée!) 🙂

Suite du programme : un peu d’exercice ! On part tous faire une petite balade digestive en forêt. Tout le monde à la queuleuleu, comme dans le livre de la jungle 🙂 C’est l’occasion pour les éléphants de trouver eux-mêmes leur nourriture (indispensable pour qu’ils puissent retourner un jour dans la forêt), et pendant que les trois se dispersent (cette liberté est vraiment magique!), c’est le moment pour notre guide de nous parler de l’association, de leurs objectifs, de leur démarche, de leurs projets…et c’est passionnant. On se dit qu’on est au bon endroit. Alors peut-être que les éléphants sont fermés la nuit, et puis on ne sait pas ce qui se passe quand le touriste s’en va, si ça se trouve ce n’est que de la façade…mais ce guide est bénévole, il aime « les éléphants et les ordinateurs », il est fermier et fait ça sur son temps perso, alors on a envie d’y croire et de lui faire confiance. S’il est là, c’est bien dans le même but que nous !

Après un buffet végétarien (excellent) cuisiné par les propriétaires (qui sont adorables, ravis de voir qu’on aime leurs plats, très souriants et enchantés de nous voir nous extasier face à leurs grosses bêtes), nous voilà repartis pour préparer un casse-croûte : cannes à sucre encore, mais aussi bananes et boules énergétiques (riz collant, tamarin, bananes, et autres trucs sucrés…car les éléphants n’aiment pas les épices!). Mais avant le casse-croûte, place au bain : d’abord, barbouillage avec de la boue. Bon le temps que Laurie ose y rentrer (mais ça colle ! C’est dégoûtant!), les éléphants étaient déjà à l’étape rinçage dans le bassin d’eau claire d’à côté. En gros, le moment part en bataille d’eau générale et les éléphants ont l’air d’adorer ça (on ne peut pas savoir bien sûr, mais autant ils sont rapidement sortis de la boue, autant ils ont bien traînés dans l’eau, et ne bougeaient pas lorsqu’ils se faisaient mouiller).

Ensuite, re-repas : un éléphant passe jusqu’à 18h par jour à manger ! Et il ne dort que 2h, debout (sauf l’éléphanteau qui s’allonge, mais ensuite les adultes sont trop lourds pour se relever facilement). Nous, on profite, on admire, on adore…et puis c’est déjà l’heure de partir ! Les propriétaires nous offrent un goûter (un thé violet et très sucré, des bananes flambées et des pancakes locales – lait de coco, grain de maïs, et…ils sont bleus!). Comme il en reste beaucoup, chacun repart avec sa petite boîte de goûter pour plus tard : on vous a dit qu’ils étaient adorables !

Bref, nous on repart avec nos milliers de photos (ok on exagère, mais il y avait du tri à faire!), et comme on a adoré, on a trouvé un autre centre à Chiang-Rai, ville où nous filons, alors on va sans doute y passer une deuxième journée…

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